Les LEURRES

 Les PENCILS BAITS

retour travail de la canne

( Crayon Appât )

    Les Pencil Baits sont aussi surprenants par leur forme (on dirait des poissons nageurs pas finis) qu'ils sont fantastiques à faire évoluer dans l'eau.

    Le premier Pencil recensé fut créé en 1929, aux États-Unis, par James Haddon. En faisant "surface", il apportait de nouvelles perspectives dans le monde des leurres qui, jusqu'alors, n'était composé que de leurres à hélice et autres poppers. James nomma ce prototype "Zara Gossa".

Le Pencil Bait était à l'origine destiné à la pêche du black bass. Les premiers pêcheurs français à en posséder les utilisèrent surtout en étangs et en lacs à la recherche d'autres carnassiers comme la perche ou le brochet. Les pêcheurs en mer, quant à eux, auront du attendre 1997 pour commencer à en entendre parler par le "bouche à oreille". . . et quelques mordus acharnés.

 

    Voyons en détail ce qui caractérise ces fameux Pencil Baits. L'anneau de fixation qui sert de point d'attache de la ligne (mono filament ou tresse) est placé juste sous le nez et au-dessus de la bouche. Il permet à la fois de diriger la nage et de bien contrôler les actions demandées.

Tous les gestes (tractions, tirées, accélérations, relâchés) effectués par le seul scion ou par la canne entière impriment à cet anneau un effort physique qui retransmet au reste du corps du leurre l'ordre de mouvement.

Mieux vaut donc vérifier régulièrement (après la prise d'un poisson ou à la suite d'un choc, par exemple) que celui-ci soit bien dans l'axe de la tête et du corps car tout mauvais positionnement (anneau de travers, trop haut ou trop bas) entraînerait une action de nage inadéquate à l'action recherchée. 

    Les Pencils Baits comme les Sammy, Super Spock et autres Sunny Boat ou Ziggy ressemblent aujourd'hui plus à de vrais poissons que le leurre de bois fabriqué en son temps par James Heddom.

 

Le corps est de forme longitudinale et le souci de mimétisme est poussé au maximum dans l'esthétisme. Tromper la méfiance du poisson jusqu'au dernier moment est assurément un des atouts de ces leurres.

Pour cela un maximum de vie a été créé dans leur structure extérieure. La peur se lisant par exemple souvent dans les yeux par une dilatation de la pupille, le signal œil (important chez les poisson prédateurs) a été surdimensionné afin de bien guider le poisson chasseur dans les derniers centimètres de son attaque. Les ouïes en relief semblent "respirer", de même que l'incision de écailles taillées dans la masse donne une impression de naturel.

Tous ces paramètres adjoints à des couleurs plus vraies que nature, voire à un microfilm laser calculé pour donner des éclats de lumière sur certains modèles, contribuent à faire vivre ces leurres même à l'arrêt.

A noter toutefois que, souvent, les hameçons d'origine ne sont pas à la hauteur du reste: après les premières prises, on aura tout intérêt à les remplacer par des hameçons triples "mer".( OWNER N°4 ou N°2)

 

   Le Pencil Bait qui a véritablement révolutionné la pêche au leurre en France est le Sammy.

Le premier de la série, importé du Japon, mesure 10 centimètres de long pour un poids de 14 grammes.

Cela peut paraître très peu mais il est surprenant de voir la distance que peut atteindre ce leurre lorsqu'il est lancé en conditions normales: une quarantaine de mètres, pas moins, avec un mono filament de 24/100... et cela s'allonge bien évidemment encore plus avec une tresse de 12/100.

Les quatre billes métal placées en queue jouent deux rôles principaux: elles équilibrent d'abord le leurre lors du lancer en éliminant toute vrille de ce dernier en l'air et permettent au corps fuselé d'atteindre avec précision et sans effort le point visé; elles autorisent ensuite un amerrissage du leurre en douceur et surtout sans bruit intempestif... chose importante les jours ou l'eau est calme et les poissons méfiants. Trois autres billes, en verre cette fois, servent à l'acoustique: légères, elles n'entravent pas le fonctionnement du leurre et vibrent au moindre mouvement pour créer ainsi un attrait sonore supplémentaire, que le leurre soit en mouvement ou à l'arrêt.

 

   Le travail des Pencil Baits se faisant principalement avec le poignet (twitch) ou l'avant-bras (jerk) de la main tenant la canne, l'ensemble canne doit être parfaitement coordonné pour obtenir les actions demandées aux leurres.

Une canne de 2,40 m à 2,70 m voire un peu plus est idéale. C'est en effet avant tout un travail de maniement qui est demandé: moins l'ensemble pèsera et plus facile et efficace sera le travail du leurre. Pour le moulinet, inutile d'avoir ici un "turbo", les Pencils ne se ramènent pas comme les poissons à hélice.

Un petit moulinet ayant 70 à 80 centimètres de récupération par tour de manivelle est l'outil parfait. Mono filament ou tresse, quel fil choisir ? Si le Nylon pardonne les faux mouvements, les ferrages "brutaux" et ne crée que rarement des perruques, il faut cependant noter qu'il est souvent difficile de bien faire travailler le leurre à grande distance avec un Nylon toujours plus ou moins élastique.

A l'inverse, n'ayant aucune élasticité, la tresse retransmet, elle, instantanément chaque mouvement de scion ou du poignet même à grande distance...

À son désavantage, cela peut aussi favoriser les emmêlements du fil avec les hameçons. L'idéal reste donc d'utiliser de la tresse et d'intercaler entre celle-ci et le leurre un brin de nylon plus ou moins long selon l'habitude de lancer du pêcheur.

 

    Pour parfaitement tirer profit d'un Pencil Bait, il ne suffit pas de lancer et ramener comme on le ferait avec un leurre classique, une cuiller, un poisson nageur, voire même avec un leurre de surface du type poisson à hélice ou popper. C'est au contraire une succession de mouvements exécutés par le poignet et la canne qui vont animer (même parfois sur place) le leurre.

Nous avons tenu à garder les termes génériques originaux de chaque mouvement car, outre le fait qu'ils soient tous assez imagés (c'est peu dire), il nous a aussi semblé qu'ils étaient assez bien explicites par eux-mêmes.

   L'efficacité des Pencils Baits réside essentiellement dans les mouvements que leur imprime le pécheur: nage saccadée, ondulante, tournoyante, "splatchante", en zigzag, soit alternativement ,soit dans le même temps, est possible avec ce type de leurre de surface.

    Le Walking The dog est l'action de base pour bien débuter avec un Pencil Bait: ce n'est qu'après avoir maîtrisé cette récupération du leurre en zigzag plus ou moins prononcée, qu'on enchaînera avec les autres mouvements.

    L'action de pèche des Pencils Baits se situe soit en surface soit dans la pellicule d'eau de surface et en aucun cas plus en profondeur. Pour tirer toute l'efficacité d'un Pencil Bait, optez pour une canne à lancer légère de 2,40 m à 2,70 m (maxi 3 m) équipée d'un moulinet à tambour fixe récupérant 70 à 80 cm par tour de manivelle et garni d'un Nylon 22 à 26/100 ou d'une tresse 12 à 16/100.

  Comment ferrer ? avec les Pencils Baits, l'action de pêche s'effectue avec une bannière molle et détendue.

Au moment de la touche, il est donc important de rendre la main afin de laisser au poisson le temps de refermer la gueule sur sa proie.

Les hameçons doivent être de qualité irréprochable, comme toujours, et changés régulièrement.

Un ferrage rapide, surtout avec de la tresse, entraîne sur ces leurres assez légers, de fréquents loupés (le leurre étant trop souvent retiré avant que le poisson le prenne réellement).

Le ferrage doit donc être effectué la ligne dans l'axe du leurre. Une fois le poisson piqué, il ne faut pas rendre la main ni laisser un seul instant la bannière détendue.

Le travail doit s'effectuer canne haute jusqu'à la mise au sec du poisson. Dans tous les cas, le frein doit être bien réglé, ni trop lâche ni trop dur.

Les notes ci-dessus sont extraites du Magasine :

  • la PÊCHE en MER ,
  • Éditions LARIVIÈRE

 

 

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